Le Conseil des ministres tenu mercredi, deuxième de l’ère Ali Bongo Ondimba, a été marqué par la poursuite des nominations dans la haute administration tant des nationaux que des
compétences transnationales avec le souci du « pragmatisme, du mérite et de l’excellence » en dépit de la polémique suscité par l’arrivée notamment d’experts étrangers.
De nombreuses personnalités locales et spécialistes d’horizons divers voire étrangères ont été promues par le
gouvernement gabonais sous l’autorité du chef de l’Etat.
Cheick Modibo Diarra, malien, physicien de renommée mondiale, compte désormais parmi les conseillers spéciaux
du président de la République.
Il convient de souligner que monsieur Modibo Diarra garde ses fonctions de président Afrique de Microsoft, a
insisté, ce jeudi, une source digne de foi.
L’homme qui a participé à plusieurs programmes spéciaux de la NASA et dirigé la première université virtuelle
africaine basée au Kenya, vient apporter son expertise et accompagner l’un des volets du projet de société du président Ali Bongo Ondimba : « le Gabon des services ».
Cette politique nécessite l’optimisation des capacités institutionnelles et de gestion tant au niveau du
public que du privé à travers la numérisation.
A terme, le numérique devrait occuper le rang de « deuxième économie du pays » après le pétrole, matière
fossile non renouvelable.
Le célèbre physicien entend relever ce défi qui nécessite des mesures de restructuration en cours ou
envisagées au moment où une étape vient d’être franchie avec la nouvelle dénomination: Ministère de la Communication, des Postes et de l’Economie Numérique pour être en phase avec ce domaine aux
innovations qui durent …parfois le temps d’une vague.
D’AUTRES COMPETENCES AFRICAINES ATTENDUES
Cheick Modibo Diarra rejoint ainsi aux côtés du chef de l’Etat qui prône également « le Gabon vert », le
chercheur Lee White, de nationalité américaine, nouveau Secrétaire Exécutif de l’Agence National des Parcs Nationaux (ANPN), placée sous tutelle de la Présidence de la République.
Le spécialiste de l’environnement, désormais en charge des 13 parcs nationaux créés en 2002 par le défunt
président Omar Bongo Ondimba, bien avant sa nomination, menait, avec d’autres éminents scientifiques, une « enquête sur l’apport de la forêt gabonaise dans la régulation du climat de la planète
».
Cette étude commandée par Libreville se situe dans la perspective du sommet mondial contre les changements
climatiques prévu en décembre, à Copenhague (Danemark).
De bonne source, nous apprenons que d’autres compétences africaines notamment devraient être sollicitées par
les plus hautes autorités pour contribuer à la réussite de la « nouvelle gouvernance » voulue par le numéro un gabonais dont le projet société porte sur « Le Gabon émergent », fondé sur le
triptyque : « Paix, Développement, Partage ».
La diaspora gabonaise, elle aussi, n’est pas exclue. Illustration avec l’arrivée au gouvernement de Jean
Félix Mouloungui, transfuge de l’Union du Peuple Gabonais(UPG), Homme d’affaires, Juriste, en France, qui s’est vu confier le ministère des Petites et Moyennes Entreprises et Petites et Moyennes
Industries (PME-PMI), « moteur de la croissance », avait-il indiqué devant la presse.
Sans sacrifier la préférence nationale traduite par la « gabonisation » des emplois, le gouvernement entend
néanmoins inclure des hommes et des femmes, aux profils requis, dans la chaîne visant la transformation du Gabon.
En outre, en début de semaine, par la voie d’un de ses secrétaires généraux adjoints, porte-parole, le Parti
Démocratique Gabonais (PDG, au pouvoir), ... Ikamboya Ndenka, avait rejeté les accusations de « chasse aux sorcières » venues de l’opposition devant ce que l’homme de la rue a appelé le « tsunami
administratif ».
Lors de son tout premier Conseil des ministres, le 19 octobre dernier, le président Ali Bongo Ondimba avait
procédé à des changements majeurs dans l’administration.
Ce « chambardement », pour citer le quotidien L’Union, n’a point épargné la présidence de la République où
plusieurs des postes ont été supprimés et d’autres considérablement réduits.
Le mouvement, entamé avec la réduction des portefeuilles Ministériels (30) contre (44 précédemment) et de la
contraction de leurs missions, s’est poursuivi mercredi à l’occasion du tour de table gouvernementale.
Cette fois, les salaires des principaux responsables d’entreprises publics ou parapublics ont été plafonnés.
Le traitement du président du Conseil d’Administration ne doit pas excéder les 3 millions de Francs CFA tandis que celui du Directeur général ne franchit plus la barre de 5
millions.
Dans cet élan, les nouvelles autorités entendent répondre aux besoins de plusieurs couches de la
société.
Les économies réalisées par les mesures énoncées à l’issue du Conseil des ministres seront orientées vers les
secteurs productifs et ainsi augmenter les possibilités d’emplois des jeunes avec, en filigrane, la formation d’une main d’œuvre qualifiée.
Autant le numéro un gabonais, Ali Bongo Ondimba, entend consacrer 40 % du budget à l’investissement afin
d’influencer le développement, autant toutes les compétences « avérées et propres », au-delà des clivages politiques, sont invitées, par les nouvelles autorités, à prendre part au grand chantier
de la modernité du pays.
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